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Archiviste aventurier – parce qu’on aime faire nos curieux.


Les lieux insolites

Etant archiviste « itinérante », je suis fréquemment amenée à travailler dans des endroits pas très confortables, voir insalubres ou tout simplement inédits.

Le point positif : y a pas plus formateur que ça.

Le point négatif : je suis obligée d’investir dans de nouvelles paires de baskets tout les 6 mois.

Il serait peut-être temps par ailleurs que j’achète une blouse de travail. Mais quels sont ces lieux ? Voici ceux dans lesquels j’ai déjà travaillé (avec les inconvénients de départ):

-        La cave : humidité de 90 % + moisissures

-        La déchetterie : odeur + humidité + nuisibles + produits chimiques

-        Le hangar à tracteur : sécurité minimale + sujet aux intempéries

-        L’appartement désaffecté : inondation + moisissures + risque d’effondrement

-        Le grenier : sécurité minimale + moisissures

 

-        L’église (en cours de rénovation, je précise) : humidité + risques liés à la rénovation interne

J’ai bien eu quelques salles quasi-parfaite (et dans ces cas là je suis aux anges) mais il ne s’agit que d’1 salle sur 4. Ce qu’il faut comprendre avant toute chose c’est que la plupart du temps je n’ai pas de bureau dédié à ma seule activité d’archiviste, aussi soit je travaille avec d’autres membres du personnel dans un bureau à partager, soit je travaille directement dans la pseudo « salle d’archives ». Bien entendu, dans chacun de ces cas extrêmes, les salles étaient soient destinées à être remplacée ou rénovée, soient le but final était de déplacer les archives traitées dans une nouvelle salle un peu plus convenable et « aux normes » (Gros, gros guillemets.) Mais dans la plupart des communes pour les employées municipaux, aller aux archives est une petite aventure à laquelle ils n’ont généralement pas le courage de se frotter. D’ailleurs la notion de « courage » revient souvent dans les conversations je trouve : « vous êtes courageuse de faire ce métier ». Je ne sais pas si c’est du courage, mais tout ce que je sais c’est que moi je m’éclate. 


Les objets insolites

Est-ce que ça vous est déjà arrivé d’ouvrir une boite et de trouver un objet, soit qui n’a pas sa place dans la boite, soit dont vous ignorez l’origine ou son utilité, bref, un truc sortit du chapeau magique et dont vous vous demandez ce que vous allez bien pouvoir en faire. Parce que moi oui, tout le temps. Voici quelques histoires que j’aime à raconter et qui me sont, heureusement et malheureusement, réellement arrivées. 

 

-        Les bracelets mortuaires et la recherche du garde-champêtre : c’était lors de ma toute première mission. J’étais un peu plus jeune et surtout très naïve. Et voici qu'un matin, je trouve dans une boite, qui à la base concernait essentiellement de la voirie, plusieurs fils de fer, chacun d’entre eux refermés par des espèces de petits scellés en fer/plomb (je n’en ai strictement aucune idée.) et qui forme donc des petits bracelets. Me voilà donc devant deux questions: la première qu’est-ce que c’est, la seconde qu’est-ce que j’en fait ? Je les triture dans tout les sens, les frottes, les manipules, bref, l’éclate quoi. Jusqu’à ce que le garde-champêtre passe dans mon bureau et me demande pourquoi je m’amuse avec des bracelets mortuaires. Vous savez quand vous êtes phobique des araignées et qu’il y en a une sur votre main ? C’était à peu près la même réaction. Un truc du genre "AAAAAAAHHHHHHHHHHHHHH BORDEL DE M****". Et à lui de rajouter « Ah oui au faite, un jour on a exhumé un corps et retiré les dents pour des recherches […], je les ai mises dans une petit sac rouge dans une boite d’archives. Si tu les trouve préviens-moi. » Je ne les ai jamais retrouvé, et franchement, ça m’arrange.

 

-        La mystérieuse clef cadastrale : dans une de mes précédentes missions, la responsable des plans cadastraux avait pensé être une bonne idée de disséminer les plans un peu partout dans la mairie, histoire que les recherches soient un peu plus fun (Ah ah). Heureusement j’arrive à en retrouver la plus grande partie en peu de temps, mais je tombe sur un qui m’interpelle. Pourquoi ? Parce qu’il y avait une clef collée, mais vraiment collée (je sais pas trop avec quoi d’ailleurs) dessus. Bon, déjà ça part en queue de boudin, parce que trouver une clef, surement de la ville, c’est assez important. Sur un plan cadastral c'est encore plus important et suspicieux. Bien entendu à ce moment là une des employés passe dans mon bureau, qui est situé à l’autre bout de la mairie et ou ELLE NE VIENT JAMAIS BORDEL, aperçoit la clef et s’empresse d’aller le raconter à tout le monde (Amour, Gloire et Beauté). Le maire me convoque pour une réunion, j’apporte le plan et le pose dans son bureau le temps de la réunion qui dure grosso-modo 5 minutes. Quand je reviens dans son bureau, le plan n’était plus là. Etant seulement 4 personnes à ce moment là dans la mairie, je savais déjà qui avait du partir avec (un élu qui n’aimait visiblement pas trop que je fourre mon nez dans ses affaires). RIP mes chaussures qui sont mortes en courant après le responsable dans la rue pour récupérer le plan et la clef.

 

-        La visite de l’église rénovée : cette histoire fait partie de mes expériences les plus cools, les plus positives et les plus rigolotes. Elle est aussi assez longue, je vais donc essayer de la raccourcir. Pour faire simple, j’étais dans un commune super avec une église en fin de restauration. Tous les midis je mangeais avec une collègue et un jour, avec l’accord préalable des responsables, et surtout parce qu’on s’ennuyait, on a emprunté les clefs de l’église entre midi et deux (dont la restauration était achevée, ou il manquait juste à nettoyer) pour y aller faire un petit tour. En temps qu’archiviste, j’aime bien faire ça car ça me permet de poser une image sur les dossiers que je traite. Vous voyez Indiana Jones ? Ben on a passé 2 heures à faire ça, dans l’église. A visiter toutes les pièces, les plus sombres, les plus glaciales, à monter dans les tours, dans le grenier, à ouvrir les passages secrets. Bref, l’éclate totale. Les élus pensaient qu’il n’y avait plus rien d’important dans l’église. Bilan des découvertes : 5 orgues (de taille modeste) dont 2 époque napoléonienne, tous en état de marche + 3 tableaux cachés dans le grenier + une dizaine de registres de confréries ecclésiastiques que les archivistes de l’archevêché ont été ravies de récupérer + un reliquaire qu’on croyait perdu.

 

 

Je trouve quand même qu’il nous arrive pas mal de chose, à nous archiviste… aussi n’hésitez pas à partager vos expériences en commentaires ! Je suis certaine (et impatiente) de lire pas mal de découvertes extraordinaires !

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