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Le vrac – le cauchemar ambulant des archivistes.

On a tous été confronté tôt ou tard à cette espèce de pile d’archives, ou plutôt amas, entassé dans un coin d’un bureau ou d’une salle, oublié de tous et souvent de manière volontaire. Parfois même l’intégralité de la salle d’archives est comme ça. 

Bien entendu le responsable se prénomme "personne". Et même si vous avez déjà vu Jeanine vider les placard en secret le soir à 18h30 quand elle pense que plus personne n'est à la mairie, ce n'est pas elle voyons parce qu'elle "ne ferait jamais ça, j'ai 30 ans de métier moi madame. Je sais ce que je fais et ce que je ne fais pas".  Mouais. Hum, hum. Vous m'avez comprise.  


En fonction des personnes j'ai déjà ciblé deux types de réactions : soit c’est la panique à bord parce que vous ne savez pas par ou commencer et surtout par quoi ; soit vous relativisez et vous vous dites que ça va passer comme une lettre à la poste et c’est partit Frankie on prend la première boite (ou pile, enfin bref tout ce qui ressemble de près ou de loin à des archives) et on commence. Moi je suis plutôt du genre à paniquer une bonne heure avant de plonger la tête la première sous les feuilles et les registres. Et une fois la machine enclenchée je n’entends plus, je ne parle plus et je ne vois rien d’autre que la pile d’archives devant moi. Mais la première fois, j’avoue que j’ai paniqué un bon moment. Premier emploi et presque 75% de vrac à traiter, ça fait mal. 

Source de l'image: Pixabay

Licence Creatives Commons CC0


5 astuces pour faire face au vrac

1.      Réserver une table spécialement pour les séances de tri

Je sais que ça à l’air logique pour la plupart d’entre vous. Mais d’abord il faut avoir accès à une table de tri et qu'elle soit mise à votre disposition, ce qui n’est pratiquement jamais mon cas. Une grande table permettra de vous étaler au maximum et d’optimiser votre vision globale du fonds que vous avez à traiter.

Le plus dur c'est de pas être jalouse quand je vois les photos de celles de mes collègues sur Twitter. 

 

2.      Faire de petits tas 

Grande table de tri = plein de petit tas partout. Je déconseille fortement de se lancer dans un tri feuille à feuille tout de suite, parce que c’est le meilleur moyen de vous rendre dingue et de bloquer au premier document un peu compliqué à analyser. Ce que je fais, c’est un tri par sujet en lecture transversale tout d’abord. Sujet du document, date et destinataire sont les seules parties que je regarde au début pour constituer mes petites montagnes archivistiques. Par exemple il y aura un petit tas RH, un autre construction des bâtiments, une autres administration centrale, un autre contentieux, bref vous m’avez comprises. Une fois que les monticules sont formés, j’en prends un et j’entame un tri plus poussé.

 

3.      S’isoler le temps du tri, histoire d’optimiser la concentration

Contrairement au reste de la journée ou je prêche la sociabilisation maximum (porte ouverte, pause café, discussion inter-services…), au moment d’entamer le tri de vrac j’ai pour habitude de prévenir mes collègues que je serais occupée un moment, et qu’ils sont priés de laisser un message après le bip sonore. Je ferme aussi la porte de mon bureau, et ne sors que pour me ravitailler à la pause midi de choses très caloriques et pas très saines, que je culpabilise de manger juste après les avoir avalées.

 

4.      Ne pas hésiter à faire une pause et classer du sériel pour se relaxer

Arrivera forcément le moment ou vous allez péter un câble et tout à coup l’envie de tout brûler vous paraîtra extrêmement attrayante. Fuyez ! C’est que vous faites une overdose ! Retournez à quelques chose de basique, que vous savez maîtriser parfaitement et mettez-vous en pilotage automatique pour une heure ou deux. Ou un jour ou deux (là c'est vraiment en cas de pétage de plomb extrême). Ça vous changera les idées et se sera plus facile de se remettre au vrac après ça.

 

5.      Trouver LE truc qui vous permettra de tenir le choc, quoi qu’il arrive

Chacun d’entre nous à son petit truc, son petit quelque chose qui lui permet d’avancer sans trop se prendre la tête. Moi c’est la musique, un petit son de GalshiRévolution et c’est partit pour un tour, je pourrais travailler des heures durant, même sur les sujet les plus dur. Est-ce que je tords du cul en dansant et en chantant lorsque je me déplace ? Oui et alors. Je fais ce que je veux. Na. Bon après c’est quand même mieux d’être certain que personne n’arrive à ce moment là, parce que hurler du Pink au moment ou le maire arrive, sans le voir ni l’entendre, c’est pas vraiment le top (situation vécue et extrêmement gênante même si ça l’a beaucoup fait rire, lui).

 

 

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