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La généalogie ou les recherches sans fin.

En étant plus jeune, et même en devenant archiviste, je m'étais juré de ne jamais entamer les recherches généalogiques de ma famille, car je savais que ça allais être un peu trop compliqué, même si mon métier m'aide pas mal.

Cependant durant l'année 2017 j'ai malheureusement perdue mon arrière-grand-mère, matriarche de la famille, pilier de ma vie. Et juste avant de décéder, alors que personne ne nous regardais, elle m'a demandé de mener les recherches généalogiques. Et je peux vous assurer qu'à 92 ans elle avait encore la force de me foutre une claque derrière la tête et de me poursuivre dans le couloir avec le déambulateur si je refusais. En plus d'être la gardienne des recettes familiales qu'elle seule connaissait, je lui ai donc promis de faire tout mon possible pour étaler notre arbre fièrement devant notre famille dès que je l'aurais terminé.

Je me suis donc lancée sur le rythme de 1 heure de recherche tous les week-end, ce qui en soi est déjà pas mal..


Suite à des problèmes familiaux divers et variés et pas du tout intéressants que je garderais pour moi, j'ai décidé de me pencher exclusivement sur 2 branches pour le moment. Coté maternel, la branche de mon grand-père (et donc la branche aussi de mon arrière grand-mère) et coté paternel la branche de mon grand-père également. En plus c'est déjà assez compliqué comme ça, parce que du côté maternel ils sont TOUS pieds noirs (Espagnols, puis migration vers l'Algérie, puis vers la France), et du côté paternel c'est kiff-kiff, c'est-à-dire que j'ai une branche totalement espagnole qui concrètement met mes nerfs à rude épreuve, et l'autre branche ou ils sont tous Haute-garonnais ou Ariégois pur jus, ce qui je l'avoue me surprends assez et me facilite la tache.

Au-delà de mon arborescence Windows créée pour le stockage des actes numérisés que j'ai pu retrouver en ligne, j'ai commencé à utiliser un outils qui est le Saint-Graal du maping, surtout quand ça part dans tout les sens comme dans ma famille: MiMind. J'ai donc crée 2 maps, une pour le côté maternel et une pour le côté paternel que voici ci-dessous.

Coté maternel - nœud de départ parent

Pas très long, oui je sais. Le passage par l'Algérie m'a posé il est vrai quelques problèmes. Les actes d'état-civil qui m’intéressent ne sont malheureusement pas encore numérisés, et sans inventaire en ligne il m'est difficile de pouvoir faire des recherches plus approfondies. Un petit voyage aux ANOM est donc à prévoir. La chance étant avec moi, j'ai découvert qu'un cousin avait déjà effectué les recherches sur la branche arrière-grand-mère et va me les envoyer. Il ne me restera plus qu'à me pencher sur mon arrière grand-père que je n'ai jamais connu. Ce qui risque d'être très long. 

Coté paternel - nœud de départ grand-parent

Avec cette branche là j'ai eu davantage de chance. La première, c'est que malgré le refus catégorique de mon grand-père de me passer sa date et lieu de naissance (justement parce qu'il refuse de parler de sa famille), j'ai réussi à retrouver les données par hasard dans de vieux papiers (je suis pas archiviste pour rien tout de même). Avancer sur cet arbre a été assez facile, principalement parce qu'une majorité sont français et du coin (Haute-Garonne et Ariège). J'ai signifié cette différence dans mon arbre de la manière suivante : les bulles vertes correspondent à des aïeuls ariégeois, les bleues aux hauts-garonnais et les rouges aux Espagnols.



Pour le moment je me concentre donc surtout sur le coté paternel vu que le coté maternel m'oblige à me déplacer aux ANOM pour approfondir mes recherches, alors qu'avec la première branche tout se trouve en ligne. C'est là que je remercie ma professeur d'université (archiviste-médiéviste) d'avoir été aussi casse-c****** avec les cours de paléographie, parce que du coup j'arrive à presque tout lire ce qui m'a permis pour le moment de remonter sur les nœuds les plus anciens aux alentours de 1770. Je sais déjà que certaines branches ne pourront pas aller plus loin, surtout une car l'acte fais partit des deux seules pages manquantes dans le registre. Ce qui est assez frustrant, je vous l'accorde. Pour le coté francophone donc aucun soucis, j'avance à petit-pas, et j'arrive à retrouver d'autres documents autres que l'état-civil qui me permettent de comprendre et reformer la vie de mes ancêtres. Et franchement, je pensais pas me prendre au jeu autant que ça.

Le côté qui me pose le plus de problème, évidemment c'est le côté Espagnol. Déjà parce qu'ils n'ont pas la même conception de l'état-civil que nous, que leur système national et communautaire (ce qu'on appelle les comunidades) de gestion des archives n'est évidemment pas le même qu'en France et que je ne le comprends toujours pas. D'ailleurs ça part un peu dans tout les sens, leur machin là. C'est à s'en taper la tête contre un mur. C'est là que je me rends compte qu'on est quand même pas mal au niveau de l'état-civil en France. Résultat, pour retrouver un acte j'ai envoyé des tonnes de mails, auxquels on me répondait que je ne m'adressait pas à la bonne entité et on me redirigeais vers un autre organisme qu'on pensait être le bon. Un seul acte m'a pris des mois. 

Au final

Coté Haute-Garonne et Ariège: que du plaisir, principalement parce que je joue la partie à domicile je pense. Je suis sur mon terrain, je connais les responsables des archives, je sais comment ils travaillent, les répertoires et les numérisations en ligne dans nos deux départements sont assez complètes et accessibles, il est assez rare que je ne retrouve pas quelque chose.

Coté Espagnol: je rame, je rame  et je ramerais toujours. Le point positif et pour lequel je remercie mon arrière-grand-mère, c'est de m'avoir obligé à parler espagnol avec elle toute mon enfance, et à continuer à étudier la langue autant que possible jusqu'au lycée, ce qui me permet aujourd'hui d'être bilingue. Si je ne l'était pas, l'accès aux archives en Espagne serait encore plus difficile, car cela prendrait plus de temps, et la majorité des espagnols ne parlent pas un pet de français. Second point important, quand je m'adresse à eux dans leur langue, ils me font davantage confiance. En ayant partagé mon expérience avec une amie qui ne parle que français nous nous sommes rendu compte que la rétention d'information est monnaie courante quand l'interlocuteur est étranger et non-hispanophone.

Coté Pieds-noirs: un petit tour aux ANOM s'impose dès que j'en aurait le temps et l'opportunité, ce qui ne risque pas d'arriver tout de suite. 

Mon conseil - ne jamais lâcher.

Si vous hésitez à commencer votre généalogie parce que vous avez peur que ce soit chronophage ou mortellement barbant, je ne peux que vous dire de vous lancer. Parce qu'au final ce qui est le plus intéressant ce n'est pas tellement de savoir d'ou viennes nos ancêtres, mais de connaitre l'histoire de leur vie, l'histoire de votre famille.

N'hésitez pas à partager vos expériences de recherches en commentaires !

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Commentaires: 1
  • #1

    Basan - Ecritsetcris.fr (lundi, 11 juin 2018 14:57)

    La généalogie est effectivement un vrai jeu de piste labyrinthique où se mêlent fausses-pistes et faux-semblants. Ce n'est qu'avec patience et obstination que les noeuds se délient et que les voyages temporels peuvent reprendre. Personnellement, c'est avec les archives anglaises que je joue en ce moment au jeu du chat et de la souris : la rétention d'informations y est évidente. En même temps, puis-je réellement reprocher à une fonctionnaire du Yorkshire de prendre du temps pour aider un petit gars de la Haute Loire française. Mais je m'accroche !

    Merci en tout cas pour votre article ! Très intéressant !