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6 choses qui me font enrager dans mon métier

L'achat compulsif de broyeur à papier

Oui. OUI !  Ça totalement chiant. Parce que quand vous passez 5 mois à expliquer aux collègues qu'il faut éliminer avec UN BORDEREAU D’ÉLIMINATION BORDEL ! et que le 6ème mois, le DG met en place un broyeur dans chaque p**** de bureau de chaque service, et que bizarrement, on ne trouve plus autant de choses qu'avant à éliminer, voir on ne trouve plus les documents inscrits sur bordereaux non-validés, je peux vous dire que ça engendre d'une extrême mauvaise humeur.

Les pseudo-"dessinateurs" qui gribouillent sur n'importe quoi

Alors ceux là, ils ont de la chance que je n'ai encore jamais réussi à les attraper. Parce que dessiner des petits cœurs sur des brouillons de comptes-rendus de réunion, passe encore. MAIS DESSINER AU FLUO ROSE DES MAISONS ET DES CHEMINS SUR LES PLANS CADASTRAUX BORDEL DE M**** Qu'EST-CE QUI VOUS A PRIT ? Et ce ne sont que des exemples parmi tant d'autres qui font que vos nerfs lâchent à le fin de la journée et que vous écoutez du Eminem dans la voiture en rentrant en mangeant un donuts au chocolat.

Les "je-sais-tout"

Spécimen rare, le "je-sais-tout" ne se manifeste qu'à certaines périodes de l'année (rentrée et vacances scolaires par exemple). Il s'agit généralement d'individus assez âgés (tranche d'âge 70-90 ans), propres sur eux, anciennement professeurs des écoles ou bien d'Histoire et de Géographie, qui vous tiennent la jambe plus d'une heure pour vous raconter la bataille de Perlimpinpin au 14ème siècle. Très gentils, ce qui vous empêche de les envoyer bouler car vous ne voulez pas avoir l'air du méchant archiviste grincheux.

De plus, attention, le "je-sais-tout" est susceptible ! Ne remettez jamais en doute son avis, ou sa version de l'histoire, même si vous avez la preuve du contraire dans vos fonds d'archives ! 

Les "je-fais-ce-que-je-veux"

Contrairement au "je-sais-tout", le "je-fais-ce-que-je-veux" est malheureusement un spécimen assez répandu dans nos contrées, aussi bien au sein de nos collègues de travail avec qui nous partageons notre temps, qu'au sein de  nos chefs, que dis-je, nos bienfaiteurs et dieux tout puissants, ainsi nommés, les élus locaux (ou nationaux, à différentes échelles, et dans différents secteurs qu'il s'agisse du secteur public ou du privé). Entre nous, ces personnes là ne nous aiment pas trop, nous les archivistes. D'abord parce qu'une de nos missions est de faire la police et de protéger les archives que nous avons sous notre responsabilité. Autrement dit, on gère les entrées, les consultations, les reproductions,  dans les rares cas ou il est possible de le faire les sorties (même si je déteste ça). Alors que quand on était pas là le "je-fais-ce-que-je-veux" faisait ce qu'il voulait. Ensuite, nous archivistes, avons un mot dans notre vocabulaire que le "je-fais-ce-que-je-veux" déteste: non. Et il déteste vraiment ça, parce que presque personne ne lui dit non. Mais c'est pas grave, on  dit non quand même (niark, niark, niark).

Les fantômes "Gégé"

Même si c'est quelque chose qui me met en rogne, je dois avouer que j'ai un peu d'affection pour le fantôme Gégé (surnom trop long à expliquer), ou plus communément appeler "monsieur personne". Qui est ce Gégé ? C'est le petit fantôme qui vient pendant la nuit, vos jours de congé, la pause café, bref tout moment ou vous n'êtes pas là, et qui déplace des objets, des papiers, l'ordinateur... généralement il ne déplace que quelques petits trucs, par-ci par-là. Ça nous agace, mais c'est supportable. Et c'est forcément un fantôme puisque c'est jamais la faute à quelqu'un. Personne n'a rien vu, personne n'a rien fait. Mais ça m'est déjà arrivé qu'il échange les dossiers de 36 boites (oui je rigole pas) déjà cotées. Ça donnait un truc du genre "Ah ce dossier là, il est en 1w97... *petit coup-d’œil à l'intérieur de la boite* euh pourquoi c'est ni le bon dossier, ni la bonne série qu'il y a à l'intérieur alors que j'ai mis en boite et coté moi-même...?". Et ça, c'est pas cool Gégé.

Les changements de directives momentanées

Ça c'est la chose qui pour moi est le plus désagréable, parce que ça vient de l'intérieur. C'est une situation qui, il est vrai, est assez rare. Mais lorsqu'elle arrive ça me bloque pendant un bon moment. Je m'explique: il m'arrive fréquemment de demander l'approbation des archives départementales pour le traitement physique ou intellectuel d'archives qui sont sous ma responsabilité. Bref, jusqu'ici rien d'anormal. Généralement j'ai toujours le même "contact/chef" aux AD, ce qui facilite les choses. Mais il m'est déjà arrivé de devoir m'adresser à deux jeunes archivistes (même expérience que moi, et même âge) plus "haut-gradées" et dont forcément je dois suivre les directives ce qui ne me gène absolument pas. Sauf que quand je posais une question à Tic et Tac (oui, je les avais surnommées comme ça), Tic me répondait oui, et Tac me répondait non. Quoi de plus frustrant ? Je finissais toujours par prendre la décision moi-même parce que même en étant dans la même équipe de travail elles donnaient presque à chaque fois des directives différentes ! Ceci n'est qu'un exemple parmi tant d'autres, mais c'est le même genre de situation que lorsque qu'une loi impactant directement une DUA s’apprête à changer et que la première semaine on vous dit oui pour le bordereau d'élimination, celle d'après on vous dit non et la 3ème on vous dit "bon ben finalement on garde 10 ans au lieu de 5, faut que tu refasses le bordereau." Chouette.

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