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La formation archivistique.

Avec 2019 arrive un nouveau job et une nouvelle Ginette. Et la première question qu'elle m'a posé était "ou est-ce que tu t'es formée ?", la deuxième : "c'est possible d'apprendre ?".

Après une bonne discussion de 1h30 autour d'un bol de chicorée (oui de la chicorée, première fois de ma vie et dernière), j'ai pensé qu'il serait peut-être pas mal de faire une article sur les quelques formations à l'archivistique disponibles en France.



Avant de rentrer dans le vif du sujet, il me semblait nécessaire de donner quelques conseils à ceux qui souhaiteraient entreprendre des études d'archivistique ou même simplement une formation courte pour une application minimale. Collecter, classer, conserver et communiquer les archives ça demande beaucoup de patience et de concentration. C'est pas pour rien que nous ne sommes pas non plus des millions d'archivistes en France. Les formations vous permettent d'assimiler de la théorie, parfois complexe et souvent migraineuse. Cependant, et je tiens vraiment à faire ces réflexions même si elle sont personnelles et que j'en ai déjà certainement parlé dans d'autres articles:

  1. Toute formation archivistique, même celle qui vous parait la plus complète, ne peut couvrir l’ensemble des typologies documentaires à traiter, ni l'ensemble des fonds, et des différents systèmes de classement possibles et inimaginables. 
  2. Le risque que la théorie qu'on vous enseigne ne corresponde pas à la pratique du terrain est variable mais bien souvent présent. Je dirais (après en avoir parlé avec certain de mes collègues) que nous gardons environ que 30% des informations théoriques apprises, les 70% restant sont constitué d'expérience et de partage d'informations entre archiviste.

Ceci pour plusieurs raisons, mais pour moi la principale est la suivante : les formations apportent les connaissances archivistiques pures, mais ne tiennent pas compte des facteurs annexes que vous rencontrerez sur vos futurs postes dans le public ou en entreprise tels que (et pour moi ce sont les 2 principaux) l'aspect relationnel au travail (apprendre à s'adapter aux différents services/organismes/hiérarchies, savoir participer à la vie de l'organismes, comment se positionner au sein d'une réunion, etc...) et la prise en compte d'un budget par exemple.

Il m'arrive même encore de converser avec des archivistes-formateurs qui ont toujours dans l'idée que les archivistes ont leur place aux archives, et que ils sont très bien seul, n'ont besoin de personne et surtout que leurs paroles vaut de l'or. 

Désolée de vous l'apprendre, MAIS CE N'EST PLUS LE CAS DEPUIS BIEN DES LUSTRES BORDEL ! 

Aujourd'hui il faut savoir s'adapter et pas rester planqué dans la salle d'archives. Pour ceux que ça intéresse je vous invite à lire un l'article sur l'archiviste du monde des bisounours.

 

Ah oui autre chose, je ne ferais pas de point sur l'Ecole des Chartes, tout simplement car je ne connais pas de Charteux et n'y ai malheureusement pas eu l'occasion d'y étudier. La seule chose que je peux avancer c'est que pour ceux qui veulent avoir accès aux plus hauts postes (bien placés, bien payés, monney monney monney), vous devrez passer par là. Par contre il va falloir bosser, bosser et bosser. Pour être famous l'université c'est bien, mais l'école des Chartes c'est mieux.

 

Bref, après ce petit point sur la situation fait, nous pouvons passer aux formations en France.

Les formations universitaires

Avant de commencer et pour faire parler les mauvaises langues (dont celle de Ginette) j'ai pour ma part suivi ma formation universitaire à l'université de Toulouse. Voilà, comme ça c'est dit. J'ai déjà rencontré des collègues ayant suivi leurs formations au sein d'autres universités (Angers et Poitiers), et nous en étions presque tous arrivés à la même conclusion : les cours nous vendent des rêves difficiles à atteindre. Commence pas hein Ginette, j'ai dit difficile, pas impossible. En soi le contenu des items était plutôt pas mal, même extrêmement intéressant je dirais ! Ça nous apprends vraiment beaucoup de choses, et pour ceux qui souhaitent passer le concours A ou B de la fonction publique c'est idéal. En plus de l'archivistique pure et dur vous avez souvent des cours d'informatique avancé, ainsi que des cours "pratiques" (gros, GROS, guillemets) en centre d'archives communales ou départementales. Si vous voulez réellement devenir archiviste l'université est une bonne option, les formations vont de 1 an (Licence 3 par exemple), à 3 ans (3 ans de licence, ou bien 2 ans de DUT puis 1 an de licence), et pour ceux qui souhaitent aller au-delà il y a le master (2 ans de plus). Les masters c'est pas mal quand vous voulez vous spécialiser dans une section de traitement spécifique du genre archivage électronique, ou audiovisuel. Mais sinon une licence suffit amplement.

Quelques exemples d’université française proposant des formations "archivistes"



Les formations par des organismes publics

Cette partie concerne davantage les personnes exerçant déjà un métier dans le secteur public. Il peut arriver que certaines formations soient données par des centres d'archives (généralement grande commune, ou archives départementales) sur des thèmes bien précis tels que la généalogie, la paléographie ou encore l'héraldique, mais sur le traitement des archives je n'en ai pas vu passer beaucoup.

Par contre, les centres de gestions ou les archives départementales mettent souvent en place des formations internes concernant le classement ou l'archivage pour les organismes qui le souhaitent.

Si ce genre de formations vous intéressent je ne peux que vous conseiller de vous rapprocher de votre centre de gestion ou bien des archives départementales. La fréquence des formations à l'archivage est bien moindre que d'autre mais il y en a généralement au moins une par an.


Les formations par des organismes privés

Ce type de formation sont (à mon avis) le meilleur moyen d'avoir une théorie d'archivage qui tienne la route et que vous pourrez réappliquer dans votre milieu professionnel facilement et rapidement. Ceci pour plusieurs raisons, dont la principale est que les entreprises spécialisés en archivage qui fournissent ce type de formation s'occupent de l'archivage de tout type d'organisme. Ils savent s'adapter à votre organisme et à vos fonds d'archives, ainsi qu'à vos besoins réels et vos attentes. Ils sont déjà dans "l'engrenage", ils travaillent sur des fonds toute la journée, et donc leurs formations se raccrochent davantage à la réalité qu'à la théorie universitaire.

Les meilleurs formations en archivistique que j'ai pu suivre m'ont toutes été fournies par des entreprises privées spécialisées dans le traitement des archives, ou bien par des organismes privés de formation. 

Le seul point négatif : il faut sortir le portefeuille et parfois la note peut-être assez salée, mais en se renseignant bien ça vaut le coup au vu de la qualité de la formation fournie.

Quelques exemples d'organismes privés proposant des formations sur les archives



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